ANTOINE BAUZA

freelance game designer, writer, creative consultant

Archive for août, 2010

Checkpoint Août 2010

La période estivale est rarement propice au travail intensif mais plusieurs projets ont tout de même réussi à progresser sous le soleil de plomb, entre les fourbes barbecues et les sessions en ligne de Red Dead Redemption… Petit bilan !

Côté Jeu…

Tokaïdo a trouvé un éditeur au début de l’été. Il a tourné régulièrement dans mes différents groupes de joueurs et il se dirige tranquillement vers sa version finale. Sa parution est programmée pour le premier semestre 2011. J’ai un peu avancé sur la deuxième extension de Ghost Stories, nom de code Black Urn. Je pense avoir mis en place tous les éléments mais il me manque pour l’instant la motivation pour me lancer dans la centaine de parties nécessaire pour régler tout ça (gloup !)… Le dernier gros projet en cours se nomme Sinbad. C’est un jeu coopératif (et oui encore un !) pour 3 à 6 joueurs dans l’univers des 1001 nuits. Au programme de l’aventure, de l’action, de la romance ! Après une trentaine de parties, le prototype tourne plutôt bien même s’il reste encore beaucoup beaucoup de travail à accomplir. Ce projet a attiré l’attention de plusieurs éditeurs et il devrait donc décrocher un contrat dans les mois qui viennent…

J’ai également plusieurs projets en cours avec Ludovic Maublanc et Bruno Cathala. Beaucoup de projets. Du coup, ils passent à la moulinette les uns après les autres, chacun attendant sagement son tour sur l’étagère à prototypes… Hé oui ! Les auteurs de jeux savent (parfois) s’organiser comme les gens qui font un vrai travail :p

Côté Case…

C’est finalement plus difficile que prévu (ça l’est toujours…) mais je suis quand même parvenu à me remettre à écrire, tout doucement, vraiment tout doucement. J’ai mis en chantier un projet simple, un scénario BD jeunesse. Il s’agit d’un western humoristique qui devrait tenir en 32 planches et que j’espère rapidement faire lire à mon compère Arnü West… J’ai mon univers, ma trame et mes personnages, je n’ai plus qu’à dérouler mes scènes les unes après les autres.

Côté Plume…

Pour ce qui est de la littérature jeunesse, j’ai interrompu la prospection durant la trêve estivale mais je compte envoyer les quelques histoires achevées à des éditeurs dès la rentrée. J’ai d’ailleurs un dossier à préparer pour Balénothérapie, une histoire très très courte illustrée par Emmanuel Grivet… J’ai aussi noté plusieurs idées sur des petits post-it collés à mon moniteur. Je tâcherai d’en faire des histoires dans un futur proche…

Rentrée studieuse !

La « saison » va reprendre avec une multitude de projets sur le grill et je ne vais pas m’en plaindre ^^. En septembre, je serai au Monde du Jeu où vous pourrez découvrir 7 wonders, Takenoko et jouer au Donjon de Naheulbeuk. J’aurai également dans mon escarcelle les prototypes mentionnés plus haut .

Dernière chose, J’ai intégré à ce blog des belles barres de progression (Merci Eric) pour garder une trace sur les principaux projets…

Bonne fin d’été !

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Prix des Jeux de société…

Le prix des jeux… C’est un sujet qui a fait couler beaucoup d’encre dans le milieu du jeu vidéo et qui commence à faire couler des torrents dans le milieu du jeu de société. Que ce soit sur les forums francophones ou sur les sites américains, on lit de plus en plus de commentaires sur le prix (excessif ?) des jeux. Avant, quand un éditeur annonçait son nouveau jeu, il était coutume de dire « Chouette, Machin nous sort un nouveau jeux d’enchères », « Super, Truc a signé un jeu chez Machin« , « Cool, c’est Bidule qui fait les illustrations du nouveau Machin, j’adore son boulot », « Ah, très bonne idée le jeu Truc, c’est un thème sous-exploité ! » Maintenant, on lit de plus en plus fréquemment : « Taing, 40€ pour ça, ils ne mouchent pas du coude avec une saucisse, chez Bidule » et ce, avant même que les discussions sur le jeu lui-même ait débuté, que la boite soit passée entre les mains du joueur, et avant même que le jeu ait été essayé avec sa bande de copains…

D’accord, je caricature un peu mais cette tendance me chagrine. J’ai parfois l’impression que les joueurs oublient le temps, l’énergie et l’argent qui sont investis dans la production d’un jeu. Éditer un jeu de société est une entreprise qui n’est pas sans risque, l’éditeur (dans 95% des cas, un passionné) fournit un travail de longue haleine pour proposer aux joueurs un jeu de qualité qui lui permette en même temps de faire vivre son entreprise. Un jeu coûte globalement cher à illustrer, par exemple, et pourtant les tarifs pratiqués dans le jeu de société sont très très modeste. Un jeu coûte cher à fabriquer : les cartes à jouer coûtent cher, les pions en bois, les moulages plastiques, le carton épais, etc. Si un éditeur pouvait offrir la qualité maximale pour tous les composants d’un jeu à un prix plus bas, il le ferait certainement, je pense.

40€, 45€ parfois 50€ euros pour un jeu de société. On trouve des livres de jeux de rôle à ce prix-là. Bizarrement, les rôlistes achètent leur précieux sésames sans tiquer sur le prix. Ils savent que c’est un loisir économique si l’on considère pragmatiquement un rapport prix/temps/plaisir. Une boite de jeux coûte beaucoup plus cher qu’un livre de jeu de rôle et elle est globalement vendue le même prix au consommateur. Du coup, j’ai du mal à voir le scandale dans de tels prix. En tant qu’auteur, je ne suis sans doute pas 100% objectif. En même temps, connaître la chaîne de création et de production d’un jeu fait très clairement relativiser. Il a quelques années je trouvais les BD chères. Aujourd’hui que j’en ai scénarisé une et que j’ai vu concrètement le temps que le dessinateur a passé à sa table de travail, le prix (sans considérer la qualité intrinsèque de l’oeuvre) me paraît justifié

Au final, je suis content d’acheter une boite de jeux. Content de faire craquer le film de cellophane sous l’ongle de mon pouce. Content de faire doucement glisser le couvercle de la boite. Content de découvrir le matériel, de feuilleter le livret de règles. Content de passer un bon moment avec mes amis. Content de savoir que mon loisir fait travailler des gens, qui-plus-est des passionnés…

Et vous, vous les trouvez chères nos précieuses petites boites ?

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Nouveau décollage pour Pocket Rockets

Les boites de Pocket Rocket, première édition, ont atterri sur Terre en Juillet 2009 pour l’anniversaire du premier pas sur la lune. Cela fait donc un peu plus d’un an et pratiquement toutes ses petites boites noires ont été vendues, signe que le jeu a trouvé son public d’astronautes ludiques ! Les p’tits gars d’Hazgaard ont donc décidé de retirer le jeu mais plutôt que simplement renvoyer les fichiers à l’imprimeur, ils ont pris le temps et l’énergie de changer complètement le look du jeu. En effet, les boutiques avaient reproché l’austérité de la couverture, sombre et peu engageante, ainsi que l’absence de visuels sur le dos de boite. Tout ceci a donc été pris en compte. Hazgaard ne s’est pas arrêté là puisqu’il propose dans cette nouvelle boite les 5 cartes promotionnelles imprimées lors du lancement et que le matériel a lui-aussi subit une amélioration non négligeable : les pions plastiques ont été remplacés par des petites fusées et les jetons de carburant affichent désormais leur valeur en bonne et due forme. Signalons enfin que c’est Marie Cardouat qui a prêté ses pinceaux et ses jolies couleurs au nouveau design graphique du jeu.

couverture

dos de boite

intérieur du couvercle

J’ai hâte d’avoir une ces petites boites entre les mains !

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Adieu, vieux protos…

Fabriquer des prototypes, c’est pas le plus amusant dans la conception de jeux mais le plus dur, c’est de mettre la main sur une belle boite en bon état. Au début, j’avais tendance à archiver chacun de mes prototypes, histoire de pouvoir les montrer à mes petits enfants dans cinquante ans. Et puis, avec un score de trois déménagements en douze mois, mes boites me sont restées un peu en travers de la gorge… J’ai donc pris la dure résolution de recycler les prototypes terminés et ne garder qu’une belle boite éditée dans mes archives. Je vais quand même faire une photographie – chargée d’émotion – avant de confronter les boites à leur nouvelle vie. Voilà donc à quoi ressemblait Pony Express avant d’être édité. La boite va accueillir un exemplaire de Tokaido…

Prototype : Pony Express

L'affiche qui servait de couverture au prototype...

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À la recherche de l’inspiration…

Les idées, qu’elles soient pour les jeux, pour les livres ou pour les BD, je les ai rarement à ma table de travail… Pour m’aérer la tête, j’enfourche mon fidèle Brompton et je vais longer les canaux valentinois. Bon les canards ne m’ont pas encore soufflé l’idée du siècle mais je continue d’y croire…

Mon fidèle destrier blanc !

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Im Schatten des Kaisers

Je rentre tout juste de quatre excellentes journées passées à jouer intensivement avec un groupe d’amis. Ce gros repas ludique s’est terminé par un jeu que j’affectionne tout particulièrement et qui est malheureusement assez peu connu, même au sein de la communauté des joueurs passionnés: Im Schatten Des Kaisers.

Boite (version allemande)

Conçu par Ralf Burkert et édité par Hans Im Glück, Im Schatten des Kaisers se joue de 2 à 4 joueurs (durée : 60-90min). Son thème, la lutte d’influence dans le Saint Empire Germanique, peut sembler austère mais le traitement et l’ingéniosité des mécanismes le rendent particulièrement vivant voire carrément amusant (quel plaisir d’utiliser un médecin pour faire vieillir prématurément un baron en poste sur une province que l’on convoite !). Un thème bien présent, c’est à déjà un point à souligner dans un jeu typiquement allemand !

Un jeu qui a sa place dans ma ludothèque, pourtant réduite, et qui n’en sort en fait que (trop) rarement, malgré de nombreuses qualités, à commencer par une série de petits mécaniques très originaux. En effet, derrière le mécanisme principal, la majorité, se cachent plusieurs idées innovantes : le vieillissement, la descendance et le mariage.

Nobles

  • Vieillissement : les joueurs luttent pour le contrôle de sept provinces et cherchent à placer un noble de leur famille à la tête de celles-ci. Comme le jeu prend en compte l’âge des nobles (15, 25, 35 ou 45 ans), ils vieillissent à chaque nouveau tour de jeu jusqu’à décéder, laissant alors la place à une fringuante jeunesse !
  • Descendance : les joueurs agissent par l’intermédiaire d’actions, matérialisées par des cartes et disponibles en quantité limités. Ces cartes sont de deux couleurs : bleues et roses. À la fin de chaque tour, les familles accueillent un nouveau né dont le sexe est déterminé par leurs cartes : une majorité de carte bleue ? C’est un garçon qui rejoint la famille (un nouveau noble, âgé de 15 ans). Une majorité de carte rose ? C’est une fille… qu’il va falloir marier…
  • Mariage : quand votre famille accueille une fille, vous allez pouvoir tenter de la marier. Il faut pour cela la proposer à un autre joueur qui, s’il accepte, va pouvoir convertir l’un de ses nobles en un couple de nobles (une voix de plus dans les calcul de majorité). Cela vous rapporte un précieux de victoire. S’il refuse (ou si vous ne désirez pas mariez votre jeunette), vous l’envoyez au couvent et elle vous rapporte 1 Taler.

Cartes actions (des bleues et des roses... et même des blanches)

Cet assemblage de bonnes idées font d’Im Schatten des Kaisers un jeu au game design étonnant, orginal et très réussi. Son auteur, Ralf Burkert, n’a produit que quelques jeux mais celui-ci est vraie perle. Chapeau !

Le jeu n’est malheureusement pas disponible en langue française mais il est possible de mettre la main sur une boite en version anglaise (In the Shadow of the Emperor), édité par Rio Grande. De plus, la traduction des règles est disponible sur la toile et le matériel ne comporte que du texte « cosmétique. » À découvrir de toute urgence, donc…

Une version « customisée » du Trône de l’Empereur

Quelques liens

Et vous qui y avez joué, qu’en pensez-vous ?

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Le donjon dans les mag’

À l’heure où j’écris ces lignes, les boites du Donjon de Naheulbeuk doivent se trouver dans le transporteur qui les achemine vers les entrepôts du distributeur, Asmodee. Pendant ce temps, les deux magazines francophones de jeux de société consacrent une partie de leur contenu au jeu : des critiques, des interviews et surtout… des CADEAUX !

Plato #33

Dans le 33ème numéro de plato, vous aurez le droit à la carte bonus « Chaussette » et surtout à la tête de mon compère en couverture (et ça, ça n’a pas de prix !).

JSP #69

Dans le 69ème numéro de JSP Mag, vous aurez le droit à la carte bonus « Donjon Mag » mais pas à la tête de  Ludovic Maublanc par contre… À vous de décider si c’est mieux ou moins bien ^^

EDIT : l’éditeur me corrige et me dit que la carte sera dans le numéro suivant, le #70 ! Oups !

Merci aux rédactions respectives de ces revues pour la place qu’ils ont consacrés dans leurs pages à ce jeu déjanté…

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